Au secours, mon bébé est néophobe !

Bébé assis dans une chaise haute fait une grimace en goûtant de la nourriture donnée à la cuillère par un adulte

Il a 24 mois et refuse de manger autre chose que des pâtes ! Ne vous inquiétez pas, votre bébé vient d’attraper la « néophobie », un phénomène courant chez les enfants qui entament leur troisième année mais qui nous laisse, nous parents, bien démunis... quelques conseils pratiques... 

Passé l'âge de 2 ans, c'est un grand classique, votre bébé se met soudainement à refuser tous les aliments nouveaux que vous lui proposez. Pire encore, il évince soigneusement tous les légumes qu'il mangeait si facilement auparavant ! Pourquoi ?

Quand autonomie rime avec néophobie

A deux ans, l'apprentissage du goût devient plus délicat. Votre enfant grandit, il mange tout seul et à la cuillère de surcroît. Il a besoin de s'affirmer et d'exprimer son indépendance par rapport à ses parents. Il découvre le pouvoir du « non » et en use et en abuse comme un petit tyran ! Il n'est pas rare qu'il mange sans aucune histoire à la crèche et avec les copains, les aliments qu'il s'entête à refuser devant vous ! C'est la fameuse phase de l'opposition que l'on traduit en langage culinaire par « néophobie alimentaire ». Que faire ? Comment lui faire avaler des petits plats équilibrés et surtout de bons légumes ?

Rassurez-vous, l'intégration d'aliments nouveaux reste possible mais elle est largement conditionnée par nos méthodes éducatives en tant que parents.

Voici 7 conseils pratiques que nous sommes allés recueillir auprès de parents expérimentés et de spécialistes des comportements de l'enfance.

1. Accompagner l’enfant dans la découverte des aliments

Faites-lui goûter de tout sans l’obliger à finir !

Essayez de faire la distinction entre le « non » de principe, la « crainte » d'un aliment nouveau et le rejet pour un aliment qui le rebute. Dans le troisième cas, rien ne sert de trop forcer, cela risque de créer des aversions irrémédiables. Dans les deux premiers cas, n'hésitez pas à insister, toujours calmement, pour que votre enfant goûte l'aliment, en lui précisant que s'il ne l'aime pas il ne sera pas obligé de le manger en totalité.

Ne perdez pas patience et présentez un aliment régulièrement

S'il persiste à refuser un aliment, proposez-le lui régulièrement. Il finira par accepter de le goûter et devrait finalement apprendre à l'apprécier. Là aussi, les scientifiques ont mis en avant les effets positifs de la présentation répétée d'un aliment sur son acceptation par l'enfant !

Parlez-lui des bienfaits des légumes et des fruits pour la santé

Présentez les légumes à votre enfant, éveillez-le à leur beauté, expliquez-lui comment ils poussent dans la nature et les trésors de bienfaits qu'ils renferment pour son petit corps. Les chercheurs ont montré aussi qu'une attitude orientée vers le dialogue et la naturalité faisait des enfants « moins difficiles » à nourrir.

2. Garder son calme et respecter les goûts de son enfant

Ne dramatisez pas les repas s'il fait une petite crise

Respirez bien fort, restez calme et ferme sur vos positions ! Une petite crise au moment du repas est presque un passage obligé.

Surtout, rien ne sert de crier ou de s'énerver, le repas doit rester un moment convivial dans la mesure du possible. Si l'enfant teste sa personnalité par le refus, il est essentiel que vous montriez aussi votre personnalité par la constance de votre réponse : si vous lui donnez systématiquement raison en lui proposant autre chose, il risque d'en abuser pour vous imposer ses choix alimentaires.

Il faut donc être ferme : si l'enfant refuse de goûter un aliment, il n'aura rien à la place. S'il a faim, il se rattrapera au repas suivant, ce n'est pas un drame... Une recommandation pleine de bon sens mais tellement difficile à tenir pour nous autres parents.

Donnez-lui le droit d'avoir un ou deux dégoûts et respectez-les

Il est important de dialoguer avec son enfant et d'établir une atmosphère démocratique. Par exemple, il n'est pas contre-productif d'établir « un marché » avec votre enfant. Il a le droit de choisir un ou deux aliments, que vous lui promettez de ne plus lui donner, et en contrepartie, lui ne doit plus faire d'histoire pour goûter de tout... et ça marche !

Si le refus concerne beaucoup d'aliments, et en particulier toute une catégorie (du style tous les légumes), il est parfois judicieux d'essayer de lui proposer ses aliments sous toutes les formes possibles, y compris cachés, pour qu'il ne soit pas carencé.

Vous pouvez mettre un fromage dans la purée de légumes, faire des mélanges sucrés/salés, mélanger la carotte avec du jus de clémentine, façon Good Goût, faire une jolie présentation dans l'assiette... Toutes ces astuces peuvent aider l'enfant à manger les aliments qui, a priori, le rebutaient.

3. Donner le bon exemple et respecter son appétit

Ne le forcez jamais à terminer son assiette s'il n'a plus faim

Si vous êtes anti-gaspillage, il est préférable de privilégier le compost ! Forcer un enfant à finir son assiette contribue à le braquer et à rendre l'aliment encore plus détestable à ses yeux.

Bien sûr, s'il ne s'agit pas d'un aliment qui le rebute, il peut bien faire un effort pour ne pas gaspiller.

Montrez-lui que l'aliment est bon et que les adultes prennent plaisir à le manger

À deux ans, il est temps pour votre bout'chou de se mettre à table avec ses parents, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les grandes marques d'alimentation pour bébés.

Bien sûr, vous n'allez pas lui donner des frites à chaque repas et vous allez éviter la portion de steak de 200 g ! Mais le modèle de votre enfant, c'est vous ! Si vous prenez plaisir à manger des légumes devant lui, sans en faire de trop, cela devrait lui paraître naturel d'en manger aussi.

Le faire manger comme les grands, avec des portions adaptées à sa taille, c'est aussi l'aider à grandir. Ça tombe bien, c'est exactement ce à quoi aspirent nos petits « néophobes » : devenir grands !